Qui a dit que le gaz pouvait être renouvelable ? La 3ème révolution gazière

Article du 19 juin 2018

En 2013, après plus d’un demi-siècle d’activité, l’exploitation du gaz naturel du bassin de Lacq s’achevait. Deux ans auparavant, à Lille, une première installation de méthanisation injectait du « biométhane » dans le réseau de distribution de gaz. Simple concours de circonstances ou prémices de la « troisième révolution gazière » ? La réponse à cette question est sans doute à rechercher au croisement de deux dynamiques qui s’entretiennent l’une l’autre : la transition énergétique d’une part, et la « mise en mouvement » des territoires d’autre part.

La transition énergétique, tout d’abord, dont le principe ne fait aujourd’hui plus débat tant les bouleversements climatiques dus à l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère sont lourds de conséquences pour l’équilibre de notre planète (écologique, géopolitique…). Elle implique une décarbonation rapide – et à terme, totale – de notre mix énergétique dans laquelle le gaz naturel joue un rôle paradoxal. Il est indispensable pour que cette transition soit menée à bien puisqu’il constitue l’énergie fossile la moins carbonée et qu’il apparaît comme complémentaire des énergies renouvelables (EnR) électriques intermittentes (et ce d’autant plus que l’infrastructure gazière est pertinente pour stocker les excédents de ces EnR). Il est cependant voué à disparaître à terme du fait de son caractère fossile. Cela marquera-t-il pour autant la fin de l’énergie gaz et de son industrie ?

Rien n’est moins sûr car le gaz peut, lui aussi, être « renouvelable » grâce à la méthanisation. Le biogaz (gaz « vert » dans sa forme brute) et le biométhane (biogaz épuré) sont appelés à se substituer progressivement au gaz naturel, ce qui parachèvera la troisième révolution gazière (et contribuera à l’indépendance énergétique nationale). Certains acteurs de la filière s’engagent dès aujourd’hui pour que la part du gaz « vert » dans la consommation totale de gaz en France atteigne 30% d’ici 2030, et 100% d’ici 2050 (en incluant l’hydrogène).

 

Ce scénario implique des changements profonds pour l’ensemble des acteurs de la chaîne du gaz, pour qui le verdissement du gaz est autant un passage obligé pour décarboner leurs activités qu’une opportunité de développer de nouveaux relais de croissance.

Ce verdissement du gaz participe par ailleurs de la mise en mouvement des territoires français dans l’aménagement et la création de synergies qui renouvellent et transforment l’activité locale. En plus d’être une source d’énergie renouvelable et locale, la méthanisation est également un procédé de gestion des déchets et des effluents et résidus agricoles, qui nécessite une bonne coordination des acteurs du territoire. Elle contribue de surcroît à la diversification des activités agricoles et à la création de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs. Elle participe enfin, à travers la production et l’épandage d’un « digestat » organique, d’une transition agro- écologique au service de l’environnement.

Riche de promesses, la filière méthanisation n’en est cependant qu’à ses prémices. Elle doit encore s’industrialiser pour simplifier la mise en œuvre de projets de méthanisation aujourd’hui très complexe. La question de la forme optimale de valorisation du gaz vert (cogénération, carburant pour véhicule, injection dans le réseau…) se pose également, l’enjeu étant de faire en sorte que cette énergie survive à l’ensemble des dispositifs qui sous-tendent aujourd’hui son rapide essor.

Atlante vous propose donc d’identifier dans sa dernière publication certains leviers qui peuvent être actionnés pour favoriser l’industrialisation et le décollage de la filière méthanisation à court et moyen terme.

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