Les grandes entreprises face au défi de l’innovation collaborative

Article du 21 décembre 2017

Une accélération inédite du temps

Les « grappes d’innovation » se succèdent à un rythme sans précédent par rapport aux deux premières révolutions industrielles. En 20 ans, nous sommes passés du téléphone portable à la voiture autonome ; Google et Amazon, des entreprises qui ne fabriquent aucun objet, font partie des plus grosses capitalisations boursières. La redistribution accélérée des cartes se poursuit aujourd’hui au profit des géants fédérateurs de communautés : Facebook, Airbnb, Uber…

Combien d’entreprises historiques peuvent aujourd’hui êtres certaines d’exister encore dans dix ans ? Innover est plus que jamais survivre ! Pour anticiper ces mutations et renouveler leur proposition de valeur, les grands groupes doivent adopter une organisation agile et faire de leur capacité d’innovation un enjeu stratégique.

L’avènement de l’innovation collaborative

Cette impérieuse nécessité d’innovation ne s’impose pas seulement aux organisations par les évolutions technologiques et économiques. Les nouvelles attentes des salariés sont un facteur essentiel. En effet ces derniers exigent de plus en plus de sens, d’autonomie et de responsabilisation dans leur travail. Ils souhaitent monter des projets de leur propre initiative et s’affranchir des silos pour pouvoir collaborer avec les expertises et les bonnes volontés de toute l’entreprise. Les salariés, et pas uniquement les jeunes générations, se perçoivent de plus en plus comme des intrapreneurs que l’organisation doit accompagner et valoriser.

Si l’innovation participative est une démarche qui remonte aux années 1920 pour les précurseurs comme Michelin, elle est aujourd’hui complètement renouvelée par la transformation digitale. La mise en commun instantanée et totale des informations et des idées supplante les premières « boîtes à idées » tandis que les réseaux sociaux rendent caduc les hiérarchies et les cloisons entre départements. Le crowdsourcing et le crowdfunding s’imposent progressivement et tout un chacun est en mesure de convaincre un sponsor et des collaborateurs pour monter un projet d’innovation dans l’entreprise. C’est l’avènement de l’innovation collaborative.

Une nécessaire (r)évolution culturelle 

Tous les grands modèles d’entreprises innovantes montrent cependant que digitaliser l’entreprise est loin d’être suffisant. Etre un champion de l’innovation est essentiellement une affaire de culture, c’est-à-dire un ensemble de valeurs et de comportements qui libèrent les initiatives, encouragent toute forme de collaboration, favorisent le « test & learn » et accordent un droit à l’erreur.

Les grandes organisations verticales et silotées étaient nécessaires pour mener à bien les grands projets industriels du XIXème et XXème siècle : les chemins de fer, les réseaux de télécommunications, la production centralisée d’énergies, etc. Mais au sein de la nouvelle économie, la valeur ajoutée est de plus en plus immatérielle et distribuée, elle devient l’apanage des organisations collaboratives et décentralisées.

Les champions de l’innovation (Facebook, Google, Tesla, Amazon, etc.) sont ceux qui réussissent à faire vivre ces valeurs au jour le jour dans leur organisation. Chez Facebook, chaque collaborateur a fait sien les codes du « Hacker Way », un corpus de valeurs prôné par M. Zuckerberg qui fait de chaque collaborateur un intrapreneur.

Le changement culturel est donc la condition première de l’innovation collaborative. Rien n’est impossible dès que l’entreprise garde un cap : remettre l’humain au cœur des organisations.

Remettre l’humain au cœur des organisations

Pour mener à bien une idée innovante, chaque salarié est invité à proposer un projet qu’il souhaite voir réaliser, sur lequel il peut s’investir en comptant sur d’autres collaborateurs. Son département compte moins que son réseau potentiel, il peut s’affranchir sur ce sujet de sa fiche de poste, son manager se transforme en coach.

Dès lors que l’entreprise avance avec l’objectif de remettre l’humain au centre des organisations, elle se transformera pas à pas. Elle pourra s’appuyer d’abord sur des pionniers avant de chercher à essaimer progressivement, à mettre petit à petit les dispositifs d’accompagnement à l’innovation qui permettront aux projets les plus prometteurs d’être incubés. Les petits succès comme les échecs sont à valoriser pour faire des émules dans l’organisation. Il pourra y avoir des faux pas mais dès lors que l’entreprise procède avec bienveillance, le changement culturel est à portée de main.

Atlante, à travers sa nouvelle publication présentée au Carrefour de l’Innovation participative 2017, partage ses réflexions sur les démarches d’innovation collaborative dans les grandes entreprises et identifie les bonnes pratiques qui constitueront des clefs de réussite.

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