Les enjeux environnementaux sont au cœur des orientations des politiques énergétiques mondiales. Dans cette optique, l’Union Européenne prévoit de réduire ses émissions de CO₂ d’au moins 40% d’ici 2030.

Afin d’atteindre ces objectifs, une réorganisation du mix énergétique mondial est nécessaire : c’est dans ce cadre que la place du gaz naturel est amenée à se renforcer dans les prochaines années.

En effet, le gaz naturel se positionne d’une part comme la « meilleure » des énergies fossiles afin de pallier l’intermittence des énergies renouvelables, et évolue d’autre part lui-même pour devenir plus « vert » avec notamment la forte volonté de développement du biogaz.

Le gaz naturel : première source de production d’électricité d’ici 2050 ?

Aujourd’hui, la production d’électricité est responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Le sort des centrales à charbon existantes, le combustible fossile le plus polluant et la première source d’électricité à l’échelle de la planète, est donc un enjeu majeur dans la lutte contre le changement climatique.

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vise ainsi une baisse de la demande mondiale de charbon accompagnée d’une hausse de la part du gaz d’ici 2040 :

Prévisions de demande mondiale d’énergie pour 2040 [1]

Dans le but d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris, l’AIE préconise une quasi-élimination de la production d’électricité à travers des centrales au charbon d’ici 2050. Le gaz naturel pourrait donc devenir la première source d’électricité à l’échelle de la planète.

Les atouts du gaz : valeur environnementale, flexibilité et disponibilité

Le gaz naturel cumule en effet un certain nombre d’atouts pour la production d’énergie.

Dans la production d’électricité, le rendement énergétique du gaz naturel est actuellement supérieur aux autres énergies fossiles (efficacité thermique[2] de 55% contre 40% pour le charbon[3]). Il est aussi le combustible fossile ayant les caractéristiques les moins néfastes pour l’environnement. En effet, il génère environ 30 à 40% d’émissions de CO₂ en moins que le pétrole et le charbon pour la même quantité d’énergie produite :

Comparaison des émissions de CO₂ des combustibles fossiles[4]

Le gaz naturel est une ressource flexible et abondante dont les réserves connues ont été fortement réévaluées avec la récente découverte de l’exploitation du gaz de schiste. L’AIE estime qu’il existe actuellement assez de gaz naturel pour satisfaire 217 années de consommation au rythme de production actuelle. En comparaison, la déplétion des réserves de pétroles est une réalité grandissante.

Le gaz naturel est enfin une ressource fiable dont les infrastructures et logistiques sont connues et éprouvées. Sa capacité à être stocké et distribué facilement ainsi que son aptitude à répondre à tout moment à la demande de production d’électricité (en base ou en pointe) lui permettent une meilleure utilisation en intermittence avec les énergies renouvelables.

Des opportunités de développement de nouveaux usages du gaz

Les récentes évolutions technologiques ouvrent dans le même temps de nombreuses opportunités de développement des usages du gaz dans le cadre de la transition énergétique.

Du côté des usages, le déploiement de 11 millions de compteurs communicants par GRDF d’ici 2022 va poser une première brique pour faire émerger des initiatives d’efficacité énergétique autour du gaz naturel et permettre l’accompagnement des consommateurs dans la transition énergétique.

Au cœur du système énergétique, la production de biogaz provenant de la méthanisation pourrait représenter 10% du gaz circulant dans le réseau en 2030 d’après l’ADEME, quand le power-to-gas (stockage du surplus d’énergie des énergies renouvelables par conversion en hydrogène ou méthane) permettra d’apporter de la flexibilité aux énergies renouvelables.

Enfin, le gaz naturel pour véhicule (GNV), premier carburant alternatif au monde, pourrait devenir un acteur clé de la mobilité durable. Si l’utilisation du gaz dans les transports reste à ce jour limitée (majoritairement aux bus et bennes à ordures), elle pourrait être étendue plus largement à l’usage des poids lourds et véhicules des particuliers. Navigant[5] estime que le nombre de véhicule utilisant le GNV en 2020 pourrait atteindre 34,9 millions dans le monde, soit quasiment le double par rapport à 2013.

Fort de ses atouts et opportunités pour la production d’énergie, le développement des usages domestiques ou la mobilité, le gaz se positionne ainsi comme « la meilleure » des énergies fossiles pour accompagner la transition énergétique.

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[1] AIE, World Energy Outlook 2015

[2] L’efficacité thermique indique dans quelle mesure l’énergie ajoutée par la chaleur est convertie en puissance

[3] AIE, World Energy Outlook 2015

[4] GRDF

[5] Organisme de recherche spécialisé dans l’analyse du marché des technologies propres

[6] Navigant Research, Commission de la régulation d’énergie, AIE, World Energy Outlook 2015